Pour ceux qui ne le sauraient pas encore, madame Nathalie Lameyre est la dirigeante de EOS CREDIREC, c’est également la Présidente de la FIGEC (Fédération Nationale de l’Information d’Entreprise et de la Gestion de Créances), organisme gardien de l’éthique et de la bonne conduite des nobles métiers de la filière du recouvrement, Présidente toujours de la SIP (Société d’Investigation Privée)
Ça s’appelle être à la fois juge et partie.
Tout ceux qui bénéficient des attentions zélés et des tactiques de persuasion très souvent scabreuses des téléopérateurs du recouvrement apprécieront le paradoxe de cette main mise totale sur tous les aspects de la filière du recouvrement, évoqué d’ailleurs ICI depuis longtemps.

Donc, vous pouvez découvrir et apprécier cette  interview de Nathalie Lameyre. C’est une merveille de l’entre-sois, mise en ligne sur le site de Comptalia.

Nathalie Lameyre y accorde une interview à William Nahum, Président de l’Académie des Sciences et Techniques Comptables et Financières, sur le métier du recouvrement et sur son importance dans l’économie.
Nathalie nous y explique gravement sous les doctes acquiessements de l’Académicien Comptable les dures réalités de son métier pourtant si indispensable.
Ces braves gens s’entendant pour convenir -en substance- que les salauds de pauvres et leur endettement excessif doivent être mis au pas… mais avec style et  bonnes manières.
Amen.

Ça n’est évidemment pas le lieu où poindrait l’idée qu’avec des salaires moins misérables, les  «gens modestes» ne seraient sans doute pas contraint à s’endetter à vie. (les «gens modestes, désignant ici dans ces bouches si délicates la sous-espèce faisant office de matière-première et donc à maintenir en l’état).

Le bulletin de la FIGEC servant donc de cache-sexe à ces activités en plein développement en période crise reprend d’ailleurs cette info de la Banque de France en page 4 :

Statistiques au 31 mars 2013 Au 31 mars,

la France comptait 778 000 ménages ou personnes physiques recensés comme étant en état de surendettement contre 747 000 un an plus tôt. Le montant moyen de leur endettement était de 44,4 K€, les seules dettes financières pesant pour 33,3 K€. Les prêts immobiliers ne sont présents que dans 10 % des dossiers concernés.
Ce n’est donc pas à une situation comparable à celles qu’ont connues les États- Unis que nous avons à faire, mais bien à une situation endémique que nous avons plusieurs fois évoquée dans cette Lettre et que l’enquête typologique de la Banque de France démontre parfaitement.
Typologie du surendettement
La société moderne porte en elle deux maux : la désolidarisation et la solitude.
La crise en a accentué deux autres : la pauvreté et le chômage.
• Près des 2/3 (64,2 %) des personnes surendettées vivent seules (célibataires, veufs ou divorcés).
• Près de la moitié (47,6 %) sont sans travail, soit qu’elles n’ont pas de profession soit qu’elles sont au chômage.
• Près de 80 % (78,5 %) ont des ressources inférieures à 2 000 € mensuels, et parmi elles 48 % inférieures au SMIC et 10,7 % inférieures ou égales au RSA. Conséquemment, plus de 80 % des dossiers offrent une capacité de remboursement infime.
Parmi eux, plus d’un sur deux présente une capacité de remboursement totalement nulle. Le surendettement est-il causé par le prêteur ou par la crise, par la banque ou par une société qui éclate et isole ?
La réponse est dans la question, à l’évidence. C’est pourquoi, si l’encadrement des abus a été nécessaire (la loi Lagarde y a concouru quoiqu’à contretemps), ce n’est pas en affaiblissant le crédit aux personnes physiques que la consommation repartira et tirera la croissance, dont on sait qu’en France elle trouve moins qu’ailleurs sa source dans les exportations. Si la vérité française ne se trouve pas dans la pratique américaine fondée chez les particuliers sur un fort endettement et une épargne faible, elle ne se trouve pas non plus dans l’idée pernicieuse que s’endetter est pêcher.

(source Banque de France)

En face de celle ci, on pourra méditer sur cette autre analyse :

(.…) Or, le crédit est en lui-même une opération extrêmement rentable.
Les banques prêtent de l’argent qu’elles n’ont pas à des individus ou des entreprises qui n’en ont pas plus ou qui veulent ne pas mobiliser leurs liquidités. La différence entre le coût des ressources empruntées par les banques et les taux d’intérêt perçus crée une marge. Comme le capital immobilisé par la banque est faible par rapport à la quantité totale de crédits distribués, la rentabilité sur capitaux propres est énorme.
Plus le crédit est risqué, plus le taux d’intérêt demandé est élevé, et plus la marge générée est importante, autrement dit il est plus rentable de prêter aux pauvres.

Source

Une réponse à “Nathalie Lameyre a un visage…”

  1. Arthus Dit:

    Je vous souhaite de très bonnes fêtes et une bonne année.
    C’est une philanthrope cette Nathalie Lameyre.
    Sûr qu’elle paierait leurs dettes à la place des pauvres, le tout sous la surveillance et la déontologie de sa FIGEC.
    Une Miss France au micro de Jean Pierre Foucault qui militerait pour la fin de la faim des enfants dans le monde.
    Une bienfaitrice des PME, victimes de la méchanceté des pauvres, qui éternels irresponsables, sans son intervention téléphonique, mettraient rien de moins que l’économie de la France en péril !
    Elle s’est retournée le cerveau pour donner un sens moral à son activité, confortée en cela par le profit qui en découle. Je pense au bouquin que vous avez exhumé : Une ancienne pauvre devient employé de chez credirec. Voilà un cheminement psychique intéressant. Elle supprime la pauvreté par la responsabilisation de ces incapables majeurs.

    En réalité, Nathalie sauve le monde, rien qu’avec une ligne téléphonique. Une super-héros moderne, qui facture ses services au pourcentage et envoi courageusement les autres au casse pipe.
    Ce qui m’a le plus surpris, c’est qu’elle y croit. Par contre, pour qui n’est pas habitué à ces propos : le malaise.

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